Spider-Noir saison 1 (2026)

Spider-Noir : Affiche

Après nous avoir abreuvé d’un Spider-Verse cinématographique majoritairement empli d’oeuvres irregardables, voici que Sony se lance également à l’assaut de la télévision, avec sa toute première série dans l’univers de Spidey. Et cette fois-ci, contrairement à la saga au cinéma, il y a vraiment un Spider-Man dedans!

Pourquoi il faut regarder Spider-Noir en noir et blanc… et pas en couleurs  | Premiere.fr

La Terre-90214 est appelée l’univers Marvel Noir, et a été un terrain de jeu très prolifique pour les scénaristes et les dessinateurs Marvel, qui ont eu l’opportunité de créer des versions alternatives des super-héros connus de l’univers principal, la Terre-616. Spider-Man, les X-Men, Daredevil, Wolverine, Luke Cage, le Punisher, Weapon X, Iron Man… L’ensemble de ces héros ont eu droit à leur version Marvel Noir, c’est-à-dire située dans un univers parallèle reprenant les codes des films noirs, puisque prenant place dans les années 30 durant la Grande Dépression. Je n’ai pour l’instant eu l’occasion que de lire les premières aventures du Spider-Man Noir, écrites par David Hine et Fabrice Sapolsky, et dessinées par Carmine Di Giandomenico. Le résultat est une aventure qui apporte un vrai renouveau et un très bon souffle historique, avec une très belle aisance pour nous faire naviguer dans les rues sombres d’une Grosse Pomme alors en pleine Prohibition.

Critique Spider-Noir : un petit bijou en noir et blanc, pourtant haut en  couleurs

Le choix d’adapter ce comics situé dans une époque rétro s’avérait très intriguant, et l’ajout de Nicolas Cage au projet avait de quoi étonner également. Lui qui n’est pas étranger aux héros Marvel, puisqu’il a endossé le rôle de Ghost Rider à 2 reprises, dans Ghost Rider en 2007, et Ghost Rider: l’Esprit de Vengeance en 2011. Le créateur de la série est Oren Uziel, lui qui est à l’origine du scénario de l’excellent court métrage Mortal Kombat: Rebirth de Kevin Tancharoen en 2010 (Tancharoen qui tâtera du MCU de son côté avec Marvel: les Agents du S.H.I.E.L.D.). Uziel rédigera également les scripts de 22 Jump Street, The Cloverfield Paradox et le Mortal Kombat de Simon McQuoid histoire de boucler la boucle. Et on a un second showrunner en la personne de Steve Lightfoot, qui occupait un poste similaire sur Hannibal et The Punisher. Et comme Phil Lord et Chris Miller connaissent bien le Spider-Man Noir pour l’avoir incorporé dans Spider-Man: New Generation et Spider-Man: Across the Spider-Verse, ils s’occupent donc également de la production aux côtés de la fameuse Amy Pascal. Et pour la petite histoire, la version du Spider-Man Noir des films d’animation est doublée par… Nicolas Cage!

Nicolas Cage et l'équipe Spider-Noir parlent d'inspirations dures pour la  série Spider-Man - Republic Of Gamers

On a donc une équipe qui sait de quoi elle parle (même si Pascal est souvent pointée du doigt comme la principale responsable de la calamité cinématographique de l’univers Sony), et il y avait donc un potentiel attractif à cette nouvelle série. La douche a donc été d’autant plus froide au vu des débuts désastreux, qui mettaient en avant un Nicolas Cage limite apathique, une intrigue qui ne décollait pas, une mise en scène statique et un univers qui sentait juste le studio à plein nez… Si ça n’avait pas été une série Marvel, j’aurai arrêté à la fin du premier épisode. Je me suis donc farci l’ensemble des 8 épisodes de cette première saison, avec les 3 premiers qui ont été véritablement laborieux, avec un Robbie Robertson en pimp 70’s anachronique, un Silvermane sans aucun relief et zéro tension dans le récit… Et sans prévenir, tout bascule avec le 4ème épisode sans que l’on comprenne vraiment pourquoi! Mais d’un coup, on ressent que le travail d’écriture parvient enfin à structurer quelque chose de concret, les personnages se creusent davantage, les acteurs commencent à être vraiment impliqués… Et Spider-Noir offre enfin une vraie originalité et une approche innovante!

Spider-Noir : critique d'un miracle taré avec Nicolas Cage sur Amazon

Les 5 épisodes restants s’avèrent donc très qualitatifs, avec une intrigue rappelant celle du sérum du Super-Soldat cher à Steve Rogers, mais qui est traitée avec un réel intérêt pour les personnages impliqués. Nicolas Cage commence à se réveiller et à nous offrir une prestation très personnelle, offrant à Ben Reilly une gestuelle rappelant les grandes heures de l’acteur 😉 Mais le pire, c’est que cela s’intègre parfaitement avec le personnage même de l’Araignée. Car oui, on ne l’appellera jamais Spider-Man pour des questions de droit, mais simplement l’Araignée, ce qui permet de renvoyer à l’époque bénie des publications Lug en France! Autant les débuts étaient catastrophiques, autant Cage entre peu à peu dans la peau du perso et lui offre une vraie texture, tout en s’intégrant dans l’univers codifié du film noir.

Spider-Noir sur Amazon Prime : notre avis sur la série avec Nicolas Cage -  Numerama

Lamorne Morris, qui joue Robbie Robertson, a notamment joué dans la série Fargo, et il parvient au fur et à mesure à donner une certaine classe et une belle subtilité à son personnage; Li Jun Li incarne Cat Hardy, une chanteuse de cabaret qui n’est pas sans rappeler une certaine Felicia Hardy, et si elle ne semblait constituer qu’un archétype vide de la femme fatale au début, elle parvient à étoffer son personnage et à être la source de belles émotions; Karen Rodriguez joue Janet, l’assistante du détective privé Ben Reilly, et elle apporte dès le début une belle fraîcheur et des notes d’humour bienvenues, tout en étant un pilier pour Ben; on a droit à un certain Flint Marko incarné avec classe par Jack Huston, malgré des effets visuels parfois aléatoires malheureusement, surtout au début… Brendan Gleeson incarne un Silvermane qui d’anecdotique parvient à incarner une certaine puissance, et qui est souvent la source de dialogues plutôt tendus et très bien écrits; et une mention spéciale à Andrew Lewis Caldwell, qui incarne une version très libre d’un célèbre ennemi de Spider-Man, et qui lui apporte une très belle densité, tant dans son jeu physique que dans son aspect plus théâtral!

Spider-Noir sur Amazon Prime : notre avis sur la série avec Nicolas Cage -  Numerama

Au fur et à mesure des épisodes, on sent qu’une latmosphère spécifique s’installe, et on commence à prendre plaisir à sillonner cette New York des années 30 avec ses voitures particulières, ses costumes d’époque et ses décors désuets et riches. Le costume en cuir de l’Araignée est à ce titre très bien réalisé. Un parfum de nostalgie sincère commence à émaner de cette série, ce qui n’est pas sans rappeler le charme des 2 saisons d’Agent Carter dans le MCU. Et laisser les 2 épisodes de fin à la charge du metteur en scène Greg Yaitanes est un excellent choix, lui qui est un vétéran chevronné de la télévision, avec notamment 68 épisodes de Dr House et surtout 27 épisodes de la magnifique série Banshee. Sa façon de jouer avec les effets de profondeur de champ, ses jeux de miroir, sa lucidité instinctive permettent de très bien ficeler ses épisodes, et même avant lui, on a quelques idées de mise en scène qui permettent de vraiment donner envie de suivre ces épisodes. Si on a la patience de passer les 3 premiers ^^

Spider-Noir:' Should You Watch It in Black-and-White or Color?

Spider-Noir est au final une très belle surprise, certes poussive au début, mais qui a su trouver son rythme pour nous offrir une délicieuse plongée dans les années 30, en explorant l’univers arachnéen avec beaucoup d’esprit et de goût. D’ailleurs les origines du personnage sont bien remaniées par rapport au comics et s’avèrent très intéressantes, permettant à Nicolas Cage de se faire bien plaisir dans son jeu très particulier! ^^ Et si les combats sont rares, ils s’avèrent très qualitatifs, en respectant bien le côté old school des comics avec le public qui cerne les combattants dans la rue ^^

Spider-Noir : Une théorie poignante explique pourquoi le Spider-Man de  Nicolas Cage a raccroché - Cintese
Publié dans Adaptations Marvel, Série | Laisser un commentaire

Ice Sealed Eyes – The Weight of Loss

Le quatuor Ice Sealed Eyes déverse son newcore depuis maintenant 6 ans, et après avoir produit leur premier EP, Solitude, en 2022, ils ont enchaînés avec 3 autres EP fonctionnant en parallèle (Torments, Fragments, Laments), qui constituait la matrice de leur premier album sorti en 2024, Altar.

Avec son identité immédiatement distinctive et sa très forte capacité d’attraction, Ice Sealed Eyes s’est imposé sur la scène belge, et s’est largement diffusé à travers le monde via les réseaux. Ils ont donc eu rapidement l’occasion de diffuser leur son en live à travers l’Europe, multipliant les tournées à l’échelle du continent depuis maintenant 2 ans.

Leur dernier single, The Weight of Loss, est sorti hier, et démontre leur capacité à créer des sonorités hypnotisantes et immersives, en gérant des ruptures de manière très travaillée. La puissance des riffs oscille avec des mélodies envoûtantes, et il faut évidemment souligner le travail impressionnant de Noé Peigneur au chant, lui qui est capable de passer d’une voix saturée à une tonalité aigue avec une simplicité désarmante! Et le texte en mode très intimiste possède également une belle force.

Je vous invite à découvrir ce nouveau morceau qui s’impose instantanément comme emblématique, et n’hésitez pas à les suivre sur leurs réseaux sociaux, histoire de pouvoir les découvrir en live, vous ne regretterez pas l’expérience! 😉

Publié dans Le clip de la semaine | Laisser un commentaire

Wolverine : Old Man Logan

Old Man Logan - Marvel Poche

Mark Millar est sans conteste l’un des scénaristes lesplus talentueux de la Maison des Idées, et je me demande encore comment j’ai pu passer à côté de ce Old Man Logan depuis si longtemps. Le scénariste britannique est derrière les excellents Kick-Ass et Wanted, derrière Superman : Red Son que je n’ai pas lu, et du côté de chez Marvel, c’est notamment l’artisan des géniaux Ultimates et Civil War.Je suis bien content d’avoir réparé mon erreur et d’être enfin plongé dans cette aventure dystopique se déroulant dans un futur alternatif 50 ans après l’ère super-héroïque.

On retrouve un Logan vivant modestement dans une ferme avec sa famille, et on comprend rapidement que les super-vilains ont gagné et règnent en maîtres. Logan vit sur le territoire tenu par les descendants de Bruce Banner, qui sont une horde de brutes épaisses semblant tout droit échappés de La Colline a des Yeux. Et pour une raison que l’on ne comprend pas, Logan s’est interdit depuis des décennies d’utiliser ses griffes et de répondre à la violence par la violence. On se retrouve dans une esthétique très western crépusculaire, avec des références assumées à Clint Eastwood, et le travail pictural du Canadien Steve McNiven s’accorde parfaitement avec le récit de Millar. Il faut dire que les 2 hommes se connaissent bien, eux qui ont mis tout le monde d’accord avec Civil War en 2006-2007. On sent également un aspect Preacher dans l’approche du sujet d’Old Man Logan, tant au niveau scénaristique que dans certains choix graphiques, et c’est d’autant plus pertinent que les 2 oeuvres partagent un attrait tout particulier pour la mise en image de la violence.

Logan gets pulled back into action against his will in "Old Man Logan".

C’est un Hawkeye vieillissant qui embarque Logan dans un voyage à travers les anciens Etats-Unis, pays désormais morcelé en divers territoires tenus par des méchants emblématiques. Ils vont sillonner le pays à travers la Spider-Mobile, vous savez, ce fameux buggy créé en mars 1974 par Gerry Conway et Ross Andru, et dont l’objectif était purement marketing afin de vendre des jouets aux gosses de l’époque ^^ Ici, ce véhicule va réellement servir les objectifs du duo grâce à ses capacités spécifiques, et le côté anachronique s’avère très sympa. Millar fait preuve d’une connaissance parfaite de l’univers Marvel, et va parsemer son récit de références subtiles et de très belles idées développant une continuité riche dans ce futur alternatif. On va apprendre ce que sont devenus certains personnages, on va rencontrer la descendance d’autres persos, et Millar et McNiven vont nous convoquer à des moments bien choquants comme cette brève rencontre avec Daredevil et le Punisher. L’auteur use d’un talent d’écriture résolument mature et cette lecture n’est clairement pas faite pour les enfants… J’ai récemment lu le très bon Marvel Universe Vs Punisher, et quand je vois le sort atroce qui était réservé à Tony Stark, je me rend que je suis dans un trip très dystopie cauchemardesque en ce moment!

wolverine and hawkeye as elders

Le récit fourmille d’idées juste dingues, la plus démente étant sans conteste la raison pour laquelle Logan ne sort plus ses griffes. Il fallait y penser à cette façon de traumatiser Wolverine, et la puissance dramatique de ce moment va de pair avec l’atmosphère de tristesse absolue qui émane de ce comics. Mark Millar, ce n’est pas seulement un auteur qui va orchestrer des combats de supers, mais un homme qui va faire appel aux instincts les plus profonds de ses protagonistes, et en ce sens, son Old Man Logan est d’une puissance absolue. Ca n’est pas pour rien que ce « nouveau » personnage s’est directement imposé, jusqu’à rejoindre l’univers principal par la suite. On a tellement d’images marquantes qui traversent ce récit, et qui ne sont parfois que des étapes sur la route des 2 baroudeurs, comme les fameuses chutes de Pym… Millar crée une mythologie spécifique à cet univers, qui ne demande qu’à être explorée davantage tant sa richesse est indéniable.

Je ne peux que vous conseiller la lecture de cette oeuvre très ambitieuse et crépusculaire, qui est l’une des plus belles découvertes que j’ai pu faire chez Marvel Comics.

Wolverine 3" : "Old Man Logan", le comics dont s'inspire "Logan"
Publié dans Marvel comics | Laisser un commentaire

The Punisher : One Last Kill (2026)

The Punisher : One Last Kill : Affiche

Alors que l’on sort tout juste d’une saison 2 de Daredevil : Born Again juste basique et décevante, c’est Frank Castle qui vient rehausser le niveau du MCU dans ce The Punisher : One Last Kill qui lâche enfin la bride sur le contenu violent, et qui constitue sans conteste l’un des meilleurs épisodes d’une série Marvel, rien que ça!

The Punisher One Last Kill

Bien qu’il soit apparu dans la première saison de Daredevil : Born Again, Frank Castle n’avait pas eu l’occasion de laisser libre court à toute sa rage, et c’est désormais chose faite avec ce Marvel Television Special Presentation, qui est à la télé ce que le one-shot est au comics: un épisode unique situé en-dehors d’une série régulière. Ca a déjà été le cas avec Werewolf by Night et Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes, qui constituaient les 2 premiers hors-série de la marque. Le premier centré sur le Loup-Garou était un bon divertissement qui constituait la 1ère mise en scène du compositeur Michael Giacchino, le second était une purge totale de la part de James Gunn.

Jon Bernthal in The Punisher One Last Kill

L’aspect ons-shot pourrait laisser croire à un épisode de transition inoffensif, mais c’est sans compter sur les implications de Reinaldo Marcus Green et Jon Bernthal. Le premier est le réalisateur de La Méthode Williams, Bob Marley: One Love et aussi de la série We Own this City, dans laquelle il dirigeait déjà Jon Bernthal. Ce dernier revient bien évidemment dans la peau de Castle, mais il a également participé avec Green à l’écriture du scénario de cet épisode spécial, et le travail du duo s’avère excellent. The Punisher: One Last Kill exploite habilement toutes les facettes du personnage torturé en moins de 45 minutes, et on se retrouve face à un Castle en proie à une grande détresse psychologique, toujours rongé par le deuil de sa famille. Jon Bernthal nous livre une prestation retrouvant sa meilleure intensité, et on ne peut qu’être touché par la justesse de ses émotions. L’ensemble est mené par Reinaldo Marcus Green avec une sincérité absolue, prouvant que les 2 hommes ont totalement saisi la nature profonde de l’un des personnages les plus sombres de Marvel.

Jon Bernthal as Frank Castle/Punisher in 'The Punisher: One Last Kill'

Après nous avoir profondément ému, ils vont faire basculer le récit dans une explosion de violence jouissive comme on en avait plus vécu depuis bien longtemps chez les super-héros, et cet épisode représente la quintessence de ce que Marvel peut faire de mieux quand ils ne réfrènent pas les intentions de leurs auteurs. The Punisher: One Last Kill est le cri primal d’un Frank Castle qui fait ce qu’il sait faire le mieux: punir de la manière la plus violente possible. On retrouve du Punisher Max dans cet épisode, mais aussi du The Raid, et cette comparaison n’a rien de gratuit tant Reinaldo Marcus Green démontre des aptitudes similaires à Gareth Evans dans la gestion des gunfights, des combats au corps-à-corps et de l’optimisation de sa mise en scène. Il est difficile d’aller plus loin que ce qui est présenté ici en terme d’impact viscéral, et qu’est-ce que ça fait du bien de se retrouver pris dans une telle tourmente sanglante, aux côtés d’un anti-héros aussi implacable qu’iconique!

img_2914

Je ne vais pas vous dévoiler les quelques éléments de l’intrigue, qui démontrent là aussi que Green et Bernthal sont des amoureux du Punisher et de Garth Ennis aussi certainement! Mais je vous invite à plonger dans cet épisode parfait qui vient rappeler que Marvel est capable de grandes choses quand ils n’ont pas peur de se salir les mains!!!

Regarder Une Présentation Spéciale Marvel Television : The Punisher : One  Last Kill | Disney+
Publié dans Adaptations Marvel, Téléfilm | Laisser un commentaire

Daredevil : Born Again saison 2 (2026)

Daredevil: Born Again : Affiche

Après une saison 1 (ou 4^^) plutôt convaincante et qui parvenait à raccrocher les wagons avec la série originelle, même si elle ne parvenait pas à retrouver totalement la qualité du show initial, on se retrouve donc face à cette saison 2 qui va être déterminante. Après le plaisir des retrouvailles, le showrunner Dario Scardapane va-t-il concrétiser tout le bien que l’on pensait de cette renaissance? La réponse va malheureusement s’avérer négative, malgré une fois encore quelques belles fulgurances…

Daredevil: Born Again Season 2, Episode 7 Review - Daredevil [Disney Plus]

La dualité ombre/lumière caractérisant Matt Murdock est sans conteste l’essence même du personnage de Daredevil, mais au bout de 5 saisons, ce propos s’essouffle et devient clairement répétitif. En l’absence de Frank Castle, c’est Karen Page qui va endosser le rôle de celle qui ne serait pas contre un poil de violence supplémentaire, ce qui crée des tensions palpables dans le couple, Matt étant un adepte inconditionnel de la préservation de toute vie humaine. Mais franchement, avec tout ce qu’il a déjà vécu, qu’il soit encore sur cette ligne le rend davantage naïf que noble, et l’éternel tiraillement intérieur entre le pardon et la rage tourne en rond dans cette saison.

images/editeur/Admin-0-Corentin/News/ZZZ-880/daredevil-born-again-saison-2-1.jpg

Dans les sujets qui fâchent, on a bien évidemment Wilson Fisk qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était dans la série Netflix. C’est simple, pour moi le MCU contenait 2 méchants mythiques : Thanos et Fisk. Mais ce dernier a été totalement amoindri par sa relation avec Vanessa ces 2 dernières années, et ce qui prime chez ce personnage, c’est sa faiblesse… Dès lors, comment en faire un bad guy crédible, surtout avec son nouveau statut de maire de New York? Ce statu-quo promettait une véritable innovation dans le show, mais les scénaristes ont eu la mauvaise idée de politiser cette saison et d’en faire le reflet de l’actualité américaine. Du coup, on se retrouve face à un Wilson Fisk qui ne possède plus la stature du Caïd, mais qui est là pour représenter le Mal absolu, Donlad Trump. Ce choix dessert totalement le personnage qui perd tout son charisme, et pire, qui tombe dans une caricature telle que l’on se sent souvent mal à l’aise pour le pauvre Vincent D’Onofrio… La fin de la saison est à ce titre tellement pauvre et malaisante…

Daredevil born again saison 2

Ce qui caractérisait Fisk durant toutes ces années, c’était sa propension à la violence qui pouvait surgir à n’importe quel moment, et qui s’avérait aussi crédible que soudaine. Ici, on a un simili-Trump qui manipule le peuple de manière très grossière et qui l’affrontera très directement à un moment, et tout cet aspect politisé s’avère bancal et ridicule. James Gunn l’avait aussi essayé dans son Superman du pauvre, on a vu ce que ça a donné… On se retrouve face non pas à des individus possédant leur propre complexité, mais face à des personnages baignant dans les caricatures, et quant il s’agit du Caïd, ça fait quand même très mal de le voir tomber aussi bas… Je ne parle pas ici de problème d’opinion politique face aux Etats-Unis notamment, je dis juste que tout passer par le prisme de la politique du monde réel n’est vraiment pas un choix scénaristique judicieux…

And that's why you better start watching 'Daredevil: Born Again' season two.

Dans les points positifs, on retrouve avec grand plaisir Wilson Bethel alias Bullseye, qui est sans conteste le personnage le plus captivant de la série, même s’il se retrouve malheureusement sous-exploité. Il a droit à ses quelques scènes bien intenses, et on regrette de ne pas en voir davantage… Mais il a droit à l’intro la plus classe de cette saison ^^ Le retour de Jessica Jones s’est bien fait attendre, et Krysten Ritter est toujours aussi à l’aise avec le personnage, mais là encore, passé 2-3 scènes qui font plaisir, sa présence possède quelque chose d’artificiel, qui n’obéit finalement qu’au fan service… Dans le rayon des bonnes surprises, Arty Froushan, qui joue l’homme de main du Caïd Buck, est un excellent acteur et s’en sort très bien avec ce personnage captivant, possédant une réelle intensité. Michael Gandolfini, qui joue Daniel Blake, est lui aussi très bon dans sa partie, et le mélange de légèreté et de tension avec lequel il travaille son personnage est très bon. Sa relation avec BB Urich possède une belle dualité, et l’actrice Genneya Walton joue vraiment bien le jeu avec lui.

Matt Murdock and Jessica Jones in Daredevil Born Again season 2, episode 6

On se retrouve globalement dans une saison qui offre quelques moments bien qualitatifs, mais qui est plombée par une approche trop caricaturale et par un manque d’évolution de certains personnages, Daredevil en tête malheureusement. Ce n’est pas la faute de Charlie Cox qui est toujours aussi efficace, mais qui doit oeuvrer avec une marge de manoeuvre limitée cette année… Deborah Ann Woll se retrouve presque constamment en opposition avec Matt, et cette confrontation n’est pas forcément très bénéfique pour le show… Le choix de traîter la Task Force de Fisk comme l’ICE de Donald Trump ne fait que renforcer l’aspect caricatural du show, qui perd clairement de sa saveur alors que les saisons précédentes parvenaient à captiver par leur complexité.

Vincent D'Onofrio, Daredevil: Born Again

On oscille entre scènes de baston très bien rythmées et plus plan-plan selon les réals, et on a un manque cruel de profondeur dans les dialogues, alors qu’ils étaient tellement qualitatifs à l’époque… On repense bien évidemment à ces dialogues sur la foi entre Matt et le Père Lanthom, qui étaient des modèles d’écriture… Aujourd’hui, il faut juste faire avancer l’intrigue sans perdre trop de temps à paufiner les dialogues… Mis à part dans l’épisode 6 qui selon moi est le meilleur de cette saison! Sinon, on a définitivement perdu Wilson Fisk dont les accès de rage s’avèrent bien plus ridicules qu’intenses, et je n’attends pas vraiment la saison 3 avec impatience…

Daredevil born again saison 2

Publié dans Adaptations Marvel, Série | Laisser un commentaire