Alors que la saison 2 nous laissait clairement sur notre faim malgré des séquences bien intenses avec Bullseye, la saison 3 de Daredevil: Born Again est actuellement en plein tournage. Cette saison 2 voyait le retour de Jessica Jones le temps d’une poignée d’épisodes, et on retrouvait également Luke Cage pour une apparition furtive. Mais la saison 3 ramènera d’autres personnages de l’ère Netflix.
En effet, la participation d’Iron Fist avait déjà été évoquée, mais on apprend également cette semaine qu’Elektra fera son grand retour! Toujours incarnée par la Française Elodie Yung, l’ancienne ninja de La Main croisera à nouveau la route de Matt Murdock, quelques années après qu’on l’avait laissée pour morte suite à l’effondrement d’un immeuble dans la série Defenders.
Des photos de tournage dévoilent un look plutôt cool et proche des comics, je vous mets ça ici. La diffusion de cette saison 3 est prévue en mars 2027.
L’histoire de Kane Parsons, plus connu sous le nom de Kane Pixels, est celle d’un gamin surdoué qui transforme tout ce qu’il touche en objet de fascination. Il réalise son premier court métrage à 13 ans, mais c’est avec son 2ème qu’il va nous initier aux codes très personnels de son point de vue cinématographique. Avec cet hommage au jeu vidéo Portal 2, il démontre un sens très aiguisé de la mise en scène et apporte un regard totalement épuré au niveau scénaristique, pour nous livrer un objet des plus étranges et pourtant envoûtant. Ce sera la clé de voûte de toute son oeuvre à venir, et à 14 ans seulement, il était déjà d’une maturité impressionnante!
S’ensuivent des courts divers et variés toujours très originaux et immersifs (pour plus de détails, voir cet article ou cette vidéo), mais c’est le 7 janvier 2022 qu’il va définitivement se faire un nom, lorsqu’il met en ligne The Backrooms (Found Footage). Il pulvérise littéralement internet et atteint très rapidement un nombre de vues hallucinant! Aujourd’hui, il en est à 85 millions… Il développe toute une série de vidéos basée sur le concept des backrooms, il fait de très nombreux émules et le phénomène devient véritablement mondial. Il avait 16 ans lorsqu’il réalisait ce premier épisode, et le studio A24 a décidé qu’il était assez doué pour réaliser lui-même sa propre adaptation de sa série à succès.
C’est ainsi que l’on se retrouve aujourd’hui avec un long métrage fraîchement sorti au cinéma, Backrooms. Il en assure donc la réalisation, tandis que l’écriture est assurée par Will Soodik (qui a notamment écrit des épisodes de Ash vs Evil Dead), et il co-signe la musique avec Edo Van Breemen (The Monkey, L’Elue). Alors qu’il assurait l’intégralité des postes sur ses vidéos YouTube, il est donc épaulé ici par des gens de l’industrie avec qui il est parvenu à partager sa vision très personnelle. Et le résultat est sans appel : une extension des plus intelligentes de son univers créé sur internet, Kane Parsons/Pixels se servant de ce nouveau média pour poursuivre ses expérimentations visuelles, sonores et cauchemardesques!
Les connaisseurs apprécieront totalement ce nouvel épisode venant compléter une mythologie déjà très riche, et c’est un réel plaisir de se retrouver à errer dans ces couloirs jaunes aux néons bourdonnants à travers un écran de cinéma! On se retrouve en terrain très connu et on appréciera les subtils détails renvoyant à ses vidéos, tout en appréciant de pouvoir prendre davantage de temps à découvrir de nouveaux personnages. Quand j’ai vu que Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve étaient les acteurs principaux, je me suis dit que ça pouvait être très étrange au vu de leur notoriété dans le monde du 7ème art. Et pourtant, les deux se glissent dans cet univers avec une aisance confondante en se mettant véritablement au service du récit et en ne cherchant pas à briller de manière personnelle. Il y a une véritable humilité dans leur approche, qui vient rejoindre l’humilité de ce gamin de 20 ans (21 aujourd’hui) qui a eu l’opportunité de les diriger pour son tout premier film!!!
Contrairement à de nombreuses oeuvres qui sont produites pour surfer sur le succès du moment, on sent qu’ils n’ont pas été pressés pour sortir le film le plus rapidement possible, mais que les producteurs ont au contraire pris le temps nécessaire afin de créer une intrigue qui fonctionne. Et là où Kane Pixels jouait avec son Blender (pas celui pour la cuisine, mais celui pour concevoir des environnements informatiques 3D ^^), il y a eu pour ce long métrage un mélange d’effets en images de synthèse et de véritables décors. Le chef décorateur Danny Vermette a oeuvré sur 4 plateaux différents pour une superficie totale de 2800 m²! Les acteurs ont donc pu s’immerger dans un véritable labyrinthe fait de ce papier peint et de cette moquette si emblématiques! Ce mélange de prises de vue réelles et d’effets numériques apporte une texture très riche au film, et Kane Parsons a certainement adoré voir son univers mental prendre physiquement vie!
La photographie du film est également d’une très belle maîtrise, et est signée par Jeremy Cox, lui dont le travail m’avait déjà tapé dans l’oeil sur Longlegs d’Osgood Perkins. Et pour la petite histoire, il a aussi travaillé sur The Monkey et L’Elue comme le compositeur Edo Van Breemen ^^ D’ailleurs le travail sonore est lui aussi excellent, avec cette capacité que Parsons a pour créer des nappes musicales mêlant normalité et étrangeté avec une très grande maîtrise.
Kane Pixels faisait déjà preuve d’un talent de cinéaste hors norme sur internet, et il confirme avec Backrooms tout le bien que l’on pensait de lui. Sa manière d’aller explorer les recoins de ce labyrinthe est tout simplement captivante, et il sait de manière instinctive comment optimiser chaque détail et chaque mouvement de caméra. Sa caractérisation des entrées dans les backrooms est juste géniale, et il est capable de passer d’une atmosphère à une autre en un claquement de doigt comme si c’était la chose la plus simple à faire! Il a un talent dingue et on sent qu’il s’est en plus vraiment fait plaisir sur ce tournage!
On va découvrir des salles, pièces, couloirs et lieux totalement étranges à l’architecture torturée, et si l’on peut regretter que cette exploration ne soit pas plus approfondie (on pourrait y passer des heures, là le film dure 1h51), on sillonne des endroits variés et l’on passe de pièces exigues à des lieux immenses, nous faisant osciller entre claustrophobie et vertige au gré de cette balade atypique. Le parallèle très pertinent entre la psychanalyse et les backrooms va déboucher sur des événements créant un certain malaise, et on sent bien évidemment une certaine inspiration lynchienne par moment, tout en renvoyant à son propre lore, je pense notamment à la caractérisation d’une créature qui me fait penser en partie à sa série The Oldest View.
Chiwetel Ejiofor est excellent dans un rôle à vif, Renate Reinsve est parfaite dans son personnage de thérapeute qui semble capable de tout gérer, et c’est tellement un plaisir de les voir évoluer dans cet univers que le film est passé trop rapidement! On a vraiment envie de continuer à arpenter ces lieux à la fois terrifiants et hypnotisants, et Kane Parsons nous démontre qu’il est capable de faire le grand écart entre des séquences véritablement horrifiques et des moments très psychologiques. Il sait également comment jouer sur les frustrations de ses spectateurs, qui veulent toujours en savoir davantage, mais il a l’intelligence de ne pas tout dévoiler. Et on attend donc avec impatience son prochain projet!!!
Projet particulièrement ambitieux et attendu dans le paysage cinématographique français, le diptyque consacré au Général de Gaulle mis en scène par Antonin Baudry se dévoile aujourd’hui avec son premier volet, La Bataille de Gaulle: l’Age de Fer. Une oeuvre qui prend le temps de développer la première partie de ce récit de guerre sur 2h40 que l’on ne voit pas passer, et qui nous plonge dans cette période tourmentée de l’Histoire avec une grande maîtrise narrative et cinématographique.
Un point particulier à souligner d’emblée, et qui pourra surprendre et en rebuter plus d’un, c’est la prestation très spéciale de Simon Abkarian dans sa façon de jouer le personnage, car il use d’un côté très théâtral et rigide qui frôle la caricature, surtout au début du film. Je ne suis pas assez connaisseur de l’Histoire pour savoir à quel point cela correspond ou non à la personnalité de Charles de Gaulle, mais j’avoue avoir eu un peu de mal avec cet aspect de prime abord. Mais j’ai ensuite été rapidement emporté par le suspense et la portée du film, qui s’attache certes à la figure du général, mais également à toute une galerie de personnages annexes ayant eux aussi leur importance.
Antonin Baudry et Bérénice Vila adaptent la biographie De Gaulle, une Certaine Idée de la France de Julian T. Jackson, et mettent en place un récit qui va offrir un déroulement très limpide et sans temps mort sur les événements qui vont conduire le général à prendre la tête de la Résistance. On assiste à des moments très importants tant pour l’homme lui-même que pour le pays qu’il défend, et entre les tractations politiques, les opérations tactiques secrètes et les séquences de guerre, on est totalement immergé aux côtés de cet homme dont le combat d’une vie a été très difficile à mener. Le général est un illustre inconnu lorsqu’il décide malgré la capitulation du Maréchal Pétain de poursuivre le combat. Alors que la France est occupée par les Nazis, le général de Gaulle s’envole pour Londres afin de convaincre le premier ministre Winston Churchill de l’aider à sauver son pays, en créant une France Libre expatriée.
Les difficultés pour la mise en place de ce projet complètement fou sont légion, et on découvre à quel point cette tentative de sauver le pays a été véritablement usante. Alors qu’il s’oppose frontalement au gouvernement de Pétain, Charles de Gaulle se voit déchu de sa nationalité française et condamné à mort par le régime de Vichy. Le combat ne fait que commencer, et il était littéralement seul au tout début de ce défi colossal. Il va tenter de convaincre des militaires, des politiciens et des civils de se joindre à lui, ce qui va prendre un certain temps afin de constituer une sorte de garde rapprochée autour de lui. On va suivre ses diverses tentatives afin de rallier des personnes de valeur, et on sent que son caractère très rigide pose parfois problème, car il va de pair avec un certain manque de tact. Mais peu à peu, son énergie et sa vision de la France parviennent à convaincre et à fédérer une poignée de personnes importantes.
Simon Russell Beale incarne un Churchill qui frôle également un peu la caricature au tout début, mais qui prend en densité par la suite, grâce notamment à des dialogues pertinents entre lui et le général. Benoît Magimel incarne le capitaine Koenig, membre de la Légion Etrangère, qui est l’un des premiers militaires à rejoindre le général. L’acteur apporte un côté brut au personnage tout en laissant transparaître une belle humanité par moments. Niels Schneider joue le capitaine Leclerc, un excellent stratège qui sera un élément important de la Résistance. Matthieu Kassovitz joue Darlan, le chef de la Marine française qui restera dans le gouvernement de Pétain. On a encore Loïc Corbery, Félix Kysyl, Karim Leklou et bien d’autres talentueux acteurs…
En parallèle du destin du général de Gaulle, on a le personnage de Fernand, incarné par un excellent Florian Lesieur, qui est un résistant de la première heure et qui ne supporte pas la vie sous l’Occupation. On va suivre la mise en place d’un réseau de résistance sur Paris, dont il s’occupe avec 2 autres personnes. Le parallèle entre l’acharnement du général et la volonté de ce jeune parisien démontre que l’esprit de rébellion couve dans la capitale et en-dehors, mais il est difficile d’attiser ce feu nécessaire… Ce récit de résistance va également donner lieu à une très belle histoire intime, puisque Fernand s’éprend de Livia (la tout aussi excellente Anamaria Vartolomei), et l’élan romanesque de leur combat se double d’une belle histoire d’amour. Une fois encore, Antonin Baudry parvient à montrer de manière très concrète comment la grande Histoire impacte les récits personnels des protagonistes, dont l’existence est intimement liée à cette guerre qui touche tout le monde.
On va suivre la chronologie des événements de manière très précise, avec l’Afrique constituant le centre névralgique de cette résistance face aux Allemands. De Gaulle va entrer en relation avec le gouverneur du Tchad Félix Eboué afin d’en faire un de ses premiers alliés sur le continent. Il va peu à peu rallier plusieurs pays africains à sa cause, ce qui aura un impact déterminant sur la participation des Américains à cette guerre. On va suivre les opérations et les combats menés par les troupes du général dans ces différents pays, avec comme point d’orgue la bataille de Bir Hakeim qui va constituer un tournant capital. Si les séquences de guerre ne sont pas nombreuses dans ce premier volet, cette séquence s’avère très intense et poignante, avec ce récit du siège allemand face à des hommes bien moins nombreux mais déterminés à résister. Benoît Magimel rend un bel hommage au capitaine Koenig qui a été le maître d’oeuvre de cette bataille. Antonin Baudry crée une séquence de guerre d’une très belle intensité prenant place en plein désert aride.
Que ce soit dans ses moments intimistes ou dans ses scènes plus vastes, La Bataille de Gaulle: l’Age de Fer impressionne par la fluidité de sa narration et la qualité de sa mise en scène, qui permettent de plonger dans ce récit épique sans que l’on sente le poids de ces 2h40. La suite La Bataille de Gaulle: J’écris ton Nom sortira dans un mois, le 3 juillet.
Dans le paysage du metalcore, on a un groupe madrilène qui commence à se distinguer grâce à une énergie et une efficacité impressionnantes! Rainbow Sheeps nous a récemment lâché un Absolutions qui démontre de vraies qualités techniques et qui impose le sérieux de leur démarche artistique. Le clip signé Carlos F. Bolaños transmet de manière implacable toute la rage de ce groupe espagnol, et je vous invite à découvrir ce morceau enragé et à aller les suivre sur leurs réseaux!
Alors que l’on attend impatiemment sa sortie le 17 juin, le film Backrooms est sur les écrans depuis 3 jours aux Etats-Unis, et il a littéralement fracassé le box-office! Avec un score de 81,4 millions de dollars rapportés pour son premier week-end, il réalise le meilleur démarrage pour une oeuvre du studio A24, et ce chiffre est d’autant plus impressionnant que le film n’est ni une suite, ni un remake ni un prequel, mais qu’il est une oeuvre originale sur le grand écran. On pourra certainement arguer que le succès de cette oeuvre provient pour beaucoup du succès incroyable qu’avait déjà connu Kane Parsons (alias Kane Pixels) sur YouTube, avec sa série de vidéos dédiées à l’univers des Backrooms. (lien vers ma vidéo consacrée à Kane Pixels). Et au niveau mondial, le film réalise une ouverture à 118 millions de dollars!!! Avec un budget qui avoisine les… 10 millions de dollars!!! Soit une rentabilité de 1180%!!! (source JP Box-Office)
Kane Parsons en profite pour enchaîner les records, puisqu’il s’agit du meilleur démarrage pour un premier film original, et comme il est âgé de seulement 20 ans, il devient le plus jeune metteur en scène à hisser un film à la 1ère place du box-office US!!!
Backrooms a écopé d’un classement R-rated (l’équivalent du – 16 ans chez nous), et il obtient le record de démarrage pour un film avec un tel classement sur cette année, intégrant immédiatement le Top 15 des meilleurs démarrages pour des films classés R. Et il obtient également le statut du meilleur démarrage de tous les temps pour un film horrifique original, donc hors franchise (à titre de comparaison, Le Projet Blair Witch avait démarré aux USA avec 29 millions de dollars)!!!
Une pluie de records qui augurent d’une excellente longévité, et qui démontrent que les spectateurs reviennent en salle si on leur propose des oeuvres à fort pouvoir attractif!!! J’ai vraiment hâte de le découvrir!!!