
Après une saison 1 (ou 4^^) plutôt convaincante et qui parvenait à raccrocher les wagons avec la série originelle, même si elle ne parvenait pas à retrouver totalement la qualité du show initial, on se retrouve donc face à cette saison 2 qui va être déterminante. Après le plaisir des retrouvailles, le showrunner Dario Scardapane va-t-il concrétiser tout le bien que l’on pensait de cette renaissance? La réponse va malheureusement s’avérer négative, malgré une fois encore quelques belles fulgurances…
![Daredevil: Born Again Season 2, Episode 7 Review - Daredevil [Disney Plus]](https://sm.ign.com/t/ign_ap/review/d/daredevil-/daredevil-born-again-season-2-episode-7-review_nfug.1280.jpg)
La dualité ombre/lumière caractérisant Matt Murdock est sans conteste l’essence même du personnage de Daredevil, mais au bout de 5 saisons, ce propos s’essouffle et devient clairement répétitif. En l’absence de Frank Castle, c’est Karen Page qui va endosser le rôle de celle qui ne serait pas contre un poil de violence supplémentaire, ce qui crée des tensions palpables dans le couple, Matt étant un adepte inconditionnel de la préservation de toute vie humaine. Mais franchement, avec tout ce qu’il a déjà vécu, qu’il soit encore sur cette ligne le rend davantage naïf que noble, et l’éternel tiraillement intérieur entre le pardon et la rage tourne en rond dans cette saison.

Dans les sujets qui fâchent, on a bien évidemment Wilson Fisk qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était dans la série Netflix. C’est simple, pour moi le MCU contenait 2 méchants mythiques : Thanos et Fisk. Mais ce dernier a été totalement amoindri par sa relation avec Vanessa ces 2 dernières années, et ce qui prime chez ce personnage, c’est sa faiblesse… Dès lors, comment en faire un bad guy crédible, surtout avec son nouveau statut de maire de New York? Ce statu-quo promettait une véritable innovation dans le show, mais les scénaristes ont eu la mauvaise idée de politiser cette saison et d’en faire le reflet de l’actualité américaine. Du coup, on se retrouve face à un Wilson Fisk qui ne possède plus la stature du Caïd, mais qui est là pour représenter le Mal absolu, Donlad Trump. Ce choix dessert totalement le personnage qui perd tout son charisme, et pire, qui tombe dans une caricature telle que l’on se sent souvent mal à l’aise pour le pauvre Vincent D’Onofrio… La fin de la saison est à ce titre tellement pauvre et malaisante…

Ce qui caractérisait Fisk durant toutes ces années, c’était sa propension à la violence qui pouvait surgir à n’importe quel moment, et qui s’avérait aussi crédible que soudaine. Ici, on a un simili-Trump qui manipule le peuple de manière très grossière et qui l’affrontera très directement à un moment, et tout cet aspect politisé s’avère bancal et ridicule. James Gunn l’avait aussi essayé dans son Superman du pauvre, on a vu ce que ça a donné… On se retrouve face non pas à des individus possédant leur propre complexité, mais face à des personnages baignant dans les caricatures, et quant il s’agit du Caïd, ça fait quand même très mal de le voir tomber aussi bas… Je ne parle pas ici de problème d’opinion politique face aux Etats-Unis notamment, je dis juste que tout passer par le prisme de la politique du monde réel n’est vraiment pas un choix scénaristique judicieux…

Dans les points positifs, on retrouve avec grand plaisir Wilson Bethel alias Bullseye, qui est sans conteste le personnage le plus captivant de la série, même s’il se retrouve malheureusement sous-exploité. Il a droit à ses quelques scènes bien intenses, et on regrette de ne pas en voir davantage… Mais il a droit à l’intro la plus classe de cette saison ^^ Le retour de Jessica Jones s’est bien fait attendre, et Krysten Ritter est toujours aussi à l’aise avec le personnage, mais là encore, passé 2-3 scènes qui font plaisir, sa présence possède quelque chose d’artificiel, qui n’obéit finalement qu’au fan service… Dans le rayon des bonnes surprises, Arty Froushan, qui joue l’homme de main du Caïd Buck, est un excellent acteur et s’en sort très bien avec ce personnage captivant, possédant une réelle intensité. Michael Gandolfini, qui joue Daniel Blake, est lui aussi très bon dans sa partie, et le mélange de légèreté et de tension avec lequel il travaille son personnage est très bon. Sa relation avec BB Urich possède une belle dualité, et l’actrice Genneya Walton joue vraiment bien le jeu avec lui.

On se retrouve globalement dans une saison qui offre quelques moments bien qualitatifs, mais qui est plombée par une approche trop caricaturale et par un manque d’évolution de certains personnages, Daredevil en tête malheureusement. Ce n’est pas la faute de Charlie Cox qui est toujours aussi efficace, mais qui doit oeuvrer avec une marge de manoeuvre limitée cette année… Deborah Ann Woll se retrouve presque constamment en opposition avec Matt, et cette confrontation n’est pas forcément très bénéfique pour le show… Le choix de traîter la Task Force de Fisk comme l’ICE de Donald Trump ne fait que renforcer l’aspect caricatural du show, qui perd clairement de sa saveur alors que les saisons précédentes parvenaient à captiver par leur complexité.

On oscille entre scènes de baston très bien rythmées et plus plan-plan selon les réals, et on a un manque cruel de profondeur dans les dialogues, alors qu’ils étaient tellement qualitatifs à l’époque… On repense bien évidemment à ces dialogues sur la foi entre Matt et le Père Lanthom, qui étaient des modèles d’écriture… Aujourd’hui, il faut juste faire avancer l’intrigue sans perdre trop de temps à paufiner les dialogues… Mis à part dans l’épisode 6 qui selon moi est le meilleur de cette saison! Sinon, on a définitivement perdu Wilson Fisk dont les accès de rage s’avèrent bien plus ridicules qu’intenses, et je n’attends pas vraiment la saison 3 avec impatience…



























