Allo Prosper

Allo Prosper - YouTube

Il y a une semaine, j’ai découvert une nouvelle chaîne YouTube grâce à Radio Maudin, qui s’appelle Allo Prosper et qui fonctionne selon un principe aussi simple que génial: que se passerait-il si grâce à un téléphone aux propriétés étonnantes, un Français de notre époque avait la possibilité de dialoguer avec un Français vivant en 1926? C’est par ce biais légèrement magique qu‘Antoine va commencer à échanger avec son arrière-arrière-grand-père, Prosper, et qu’ils vont débattre, comparer, s’écharper gentiment, et mettre en lumière les similitudes et les différences entre leurs époques respectives.

Allo Prosper - YouTube

Antoine et Prosper vont parler de l’enseignement scolaire, du service militaire, de gastronomie, de la guerre, de la censure, du racisme, etc… Chaque épisode va traiter une thématique précise, avec un sens de l’écriture incisif mêlant recherche historique et humour, et on est très rapidement pris au jeu de ces conversations entre 2 siècles très différents! En utilisant un champ-contre-champ temporel, on navigue entre 2 époques et on ressent vraiment ce côté rétro dans le bureau de Prosper, grâce à un travail d’éclairage et un jeu d’acteur qui habillent parfaitement le propos! Je vous mets 3 épisodes qui me paraissent très représentatifs, et je vous invite vraiment à aller découvrir cet excellent travail (et non subventionné par le CNC) qui permet de prendre du recul par rapport à la politique et à la société de manière générale!

Une très belle initiative qui j’espère se poursuivra longtemps! M’est avis que Prosper aura besoin d’Armagnac pendant un moment encore! ^^

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Prime Time (Maxime Chattam, 2024)

Amazon.fr - Prime time - Chattam, Maxime - Livres

Il y a des constantes fortes chez Maxime Chattam, et le confinement géographique en fait clairement partie. Nombre de ses romans se déroulent dans un lieu unique, sorte de périmètre délimité duquel on n’échappera qu’en de rares occasions. On a la bourgade de Mahingan Falls dans Le Signal, la station de sports d’hiver de L’Illusion, la plate-forme de recherches de Lux… Le principe du lieu unique permet de faire monter progressivement la tension, qui ne trouve aucune échappatoire lorsque les personnages n’ont pas la possibilité de fuir. Prime Time appartient clairement à cette catégorie, et Maxime Chattam parvient à créer et maintenir une tension qui tiendra jusqu’aux dernières pages!

Le nouveau roman Prime Time de Maxime Chattam est-il inspiré de la vie de  sa femme Faustine Bollaert ? - Cosmopolitan.fr

Charlène, qui se fait appeler Charlie, est la cheffe d’édition du journal télévisé le plus regardé de France, présenté par le journaliste vedette Paul Daki-Ferrand. Pour elle ainsi que pour toute les équipes travaillant sur l’édition du 20h, chaque journée est un marathon démarrant tôt le matin, qui va produire un stress montant crescendo au fur et à mesure que l’on approche de l’heure d’antenne. A travers le regard de Charlie, Maxime Chattam va mettre en lumière tous les rouages du fonctionnement d’une rédaction, nous présentant les différentes étapes du processus de fabrication de l’info télévisée. Avec sa curiosité d’entomologiste habituelle, il va totalement nous immerger dans ce grand bain informatif, nous dévoilant les différentes strates et l’ensemble du personnel nécessaire pour la grand’messe quotidienne.

19. Diffuser l'information : l'heure du JT - 24h dans une rédaction

On sent que Chattam adore observer des microcosmes en train d’oeuvrer méticuleusement, c’était déjà le cas dans Lux par exemple, et il aime également observer les synergies entre les individus qui en résultent. Il va méticuleusement décortiquer chaque élément de ce processus d’information, ce qui s’avère déjà passionnant en soi. Mais quand il va rajouter une prise d’otage en plein direct, avec Charlène qui se retrouve en première ligne pour négocier avec le preneur d’otages, Chattam va pousser les curseurs bien plus loin et on va assister à un moment déterminant pour la chaîne, et qui aura des répercussions dans le monde entier. Après nous avoir montré les rouages d’une rédaction d’info, il va littéralement observer comment s’opère une gestion de crise dans une telle rédaction, avec la chaîne de commandement à prendre en compte, les délais d’intervention, et derrière tout ça mais qui n’est certainement pas le moindre des éléments, le cynisme avec lequel cette prise d’otage va pouvoir être bénéfique pour la chaîne!

Maxime Chattam, auteur de "8,2 secondes" : "Le thriller est un jeu de  dupes" | France Culture

On parle souvent du machiavélisme des puissants et des politiques, on va plonger en plein dedans avec la société Médiaplex qui va tenter de profiter de leur soudaine visibilité mondiale pour en tirer un quelconque profit. La PDG Amélie de Castelnac représente parfaitement cette vision dénuée d’humanité, même si Chattam parvient à dresser un portrait bien plus complexe qu’il y paraît. Les politiciens vont d’ailleurs rapidement entrer dans la danse également, car ce serait catastrophique pour eux que la situation dégénère, et leur problème n’est évidemment pas directement le sort des otages, bien que leur prestige soit lié à ce qui leur arrivera. On a véritablement l’impression de se retrouver dans une fourmilière grouillante, chacun ayant un rôle spécifique à jouer dans cette course contre la montre. Et bien évidemment, un élément déterminant dans ce genre d’affaires, ce sont les forces de l’ordre.

[GIGN] Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale

Chattam va nous présenter une équipe du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) pour laquelle il va procéder de la même manière que pour la rédaction du journal. On va découvrir chacun des éléments qui le compose, avec là aussi les strates hiérarchiques et la chaîne de commandement, et il va pouvoir s’appuyer sur des renseignements de première main afin de créer un environnement des plus réalistes. L’auteur a pu rencontrer des membres de cette unité d’élite française qui lui ont donné de précieuses informations quant au fonctionnement du groupe, ce qui donne une impression quasi-documentaire au déroulé des événements. Qu’il s’agisse de l’armement, des méthodes d’investigation ou de communication, Chattam va nous plonger dans un thriller militaire captivant, lors duquel on a réellement l’impression de se retrouver aux côtés des membres du GIGN qui doivent mettre un terme à cette situation de crise.

Paris : Enquête sur la gestion du stock de munitions du GIGN

Avec Charlie qui s’est retrouvé à communiquer directement avec le preneur d’otage, on va suivre de manière palpitante le processus de négociation. Charlie va être épaulée par un négociateur du GIGN, Yanis, qui ne va pas prendre la main mais qui va constamment la soutenir et lui expliquer comment poursuivre sa discussion avec l’homme masqué. Celui-ci, qui se dénomme Kratos, a constamment un pistolet pointé sur la tête de Paul Daki-Ferrand, le tout en plein direct diffusé à travers le monde. Autant que la situation est extrêmement critique, et avec les heures qui passent, les tensions ne vont faire que s’accentuer. Charlie est en première ligne afin de déterminer quelles sont les motivations de Kratos, et jusqu’où il est prêt à aller. Avec Yanis à ses côtés, elle va, et par extension nous aussi, découvrir tous les mécanismes dont usent les négociateurs lors de prises d’otage. Le résultat est véritablement passionnant, parce que Maxime Chattam use d’un réalisme fort dans sa démarche, et qu’il est également un maître dans l’art du rebondissement. On se retrouve donc pris au piège de ce roman que l’on n’arrive pas à lâcher, et Chattam brille une fois encore par la construction détonnante de son récit!

Il va traiter des désillusions d’un métier censé livrer la Vérité mais qui s’avère au final avant tout mercantile; il va traiter de la nature humaine capable du Bien comme du Mal absolu; et il va même réussir à semer quelques graines de romance dans une situation pourtant extrêmement stressante, et on se retrouve totalement happé par ce roman dense et tendu, qui une fois encore, en dit long sur notre rapport au sensationnalisme et sur la dérive d’une société trop connectée. Maxime Chattam ne tombe pas dans le piège du manichéisme et de la critique trop facile des réseaux, mais il articule son roman sur des thématiques très fortes et surtout traitées avec sincérité.

Maxime Chattam : L'Heure des Livres (Émission du 11/12/2024)

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The Furious (Kenji Tanigaki, 2025)

The Furious - Film 2025 - AlloCiné

Présenté comme un successeur de The Raid et The Raid 2 dans son esthétique et sa violence décomplexée, The Furious est un film hongkongais réalisé par un metteur en scène japonais, avec des acteurs chinois, indonésiens, thaïlandais, japonais et américains. Un mélange des genres qui détonne et qui est la 8ème mise en scène de Kenji Tanigaki, habitué des productions d’action puisqu’il a une longue carrière de cascadeur et de coordinateur de combats sur des productions comme Blade II, S.P.L., Flashpoint, Snake Eyes ou City of Darkness. Autant dire qu’il est à l’aise avec les chorégraphies martiales, et il s’est entouré de combattants chevronnés pour The Furious.

The Furious - critique & test 4k, streaming, blu-ray, DVD

Je ne connaissais pas du tout l’acteur chinois Miao Xie, qui reprenait le rôle du grand artiste martial dans Ip Man: l’Eveil du Maître, et qui s’avère très percutant dans le rôle de Wang Wei, ce père de famille muet qui voit sa fille enlevée par des criminels. Spécialiste du wushu, il apporte une vraie crédibilité et une vraie rage à son personnage, et son entrée en matière s’avère très efficace. On peut comprendre la comparaison avec les oeuvres mythiques de Gareth Evans, même si elles sont quasi indétrônables et restent au sommet du cinéma d’action. L’une des particularités qui empêche The Furious de venir rivaliser avec le diptyque d’Evans, c’est qu’on a ici une volonté plus appuyée de créer des chorégraphies à la complexité assumée, mais qui perdent en réalisme pur. On est souvent plus proche de séquences presque « dansées » tant chacun doit se placer très précisément afin de permettre à son « adversaire » de se servir de son corps pour se propulser, et le résultat est certes très beau mais moins impactant que ce que l’on aurait pu attendre. On a aussi très souvent cette impression que les ennemis attendent leur tour avant d’attaquer, un classique dans les films d’arts martiaux.

The Furious" de Kenji Tanigaki : le cinéma d'action moderne surplombé par  cette impensable pyramide humaine - CHAOS

Il y a une vraie recherche dans les mouvements et l’évolution des personnages dans la façon dont il traverse les lieux, et on ressent à plusieurs reprises quelques relents de The Raid, avec parfois quelques séquences plus impactantes et sanglantes. On a par exemple un moment bien jouissif dans lequel Wang Wei semble avoir piqué quelques idées à la fameuse Hammer Girl de The Raid 2, et ça fait du bien au niveau impact viscéral! A ses côtés, on a un Joe Taslim toujours impeccable qui va lui venir en aide dans sa quête de retrouver sa fille, lui qui cherche à sauver de nombreux gamins des griffes de cette mafia. Taslim était excellent dans The Raid aux côtés d’Iko Uwais, et il n’a pas perdu de sa maîtrise martiale, permettant lui aussi de donner quelques éclairs de violence sèche qui font du bien!

Photo de Joe Taslim - The Furious : Photo Joe Taslim - Photo 0 sur 15 -  AlloCiné

L’incontournable Yayan Ruhian, qui a la particularité d’avoir joué dans les 2 chefs-d’oeuvre de la saga The Raid dans 2 rôles différents, est également de la partie dans un rôle qui prend le temps de se mettre en place, mais qui rappelle fortement son Mad Dog ^^ Les retrouvailles avec Joe Taslim sont un moment méta plutôt cool, et les voir s’affronter à nouveau est agréable à regarder! C’est juste un peu dommage que le combat de fin mêle trop de personnages, à un moment on ne sait plus trop qui se bat contre qui, mais là encore, c’est une résultante de cette volonté de sur-chorégraphier, même si on appréciera l’aspect bondissant de l’ensemble. Mais The Furious ne possède pas le même impact que la saga The Raid, dans laquelle chaque coup porté était d’une puissance dingue et semblait fracasser le spectateur lui-même! La maturité et la profondeur de cette saga reste très difficile à atteindre, et The Furious pourrait se voir comme un petit frère turbulent et un peu trop gesticulateur, moins précis mais pourtant généreux.

The Furious » : le mariage de l'art martial et de l'hyperréalisme gore

Un grand regret vient du fait que le rôle de JeeJa Yanin, la star de Chocolate, est vraiment très réduit, ce qui est dommage au vu des capacités martiales de l’artiste. Mais le très massif Brian Le apporte quelques éléments de surprise par son style brutal, et Joey Iwanaga surprend lui aussi avec son air de fils de bonne famille qui cache un redoutable guerrier! On sent que Kenji Tanigaki prend un vrai plaisir à mettre son film en place, et qu’il apporte un soin particulier à sa gestion de l’espace, ce qui permet de mettre sur pied des séquences visuellement réussies, même si le côté impactant est plus variable tout au long du film. L’hommage à Big Boss avec Bruce Lee est bien amené, et l’ensemble se regarde agréablement avec une tension qui se maintient bien. On a peut-être juste une baisse de régime vers la moitié du film, mais ça reprend généreusement ensuite.

The Furious : le meilleur film d'arts martiaux de l'année ? | Tatler Asia

The Furious n’est certes pas la méga-claque annoncée, mais c’est une proposition qui reste intéressante dans le film d’arts martiaux, grâce à une mise en scène inventive et fluide, qui laisse le temps aux combattants de montrer ce dont ils sont capable, et qui propose un montage bien plus efficace que nombre de films du même genre. Le découpage respecte vraiment les acteurs et on assiste à un spectacle efficace, qui se pare en plus d’une thématique très dure, celle du trafic d’enfants. On ne va évidemment pas aller trop loin dans le sordide, mais Kenji Tanigaki place quelques moments un peu choquants histoire de donner plus d’impact à son récit, et la jeune actrice Enyou Yang est elle aussi très crédible dans le rôle de cette gamine kidnappée qui n’a pas froid aux yeux.

The Furious, the best action movie of the year, gets surprise early  streaming release
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News: Le chant des sirènes

Siren Head, la créature virale imaginée en 2018 par l'artiste Trevor  Henderson, aura droit à son film - CHAOS

Le succès du Backrooms de Kane Parsons va ouvrir une nouvelle ère horrifique du côté d’Hollywood, puisque les producteurs se tournent désormais vers les créateurs et les légendes urbaines ayant émergé sur YouTube et toutes les plateformes du style Reddit et consorts. Après les espaces liminaux que représentent ces immenses couloirs jaunes feutrés, Warner Bros. va donc tenter d’imposer sa propre franchise à base d’angoisse issue du net avec Siren Head, qui contera l’histoire d’une créature démoniaque dont la tête est constituée de deux sirènes… Tout est dans le titre en même temps, il n’y a pas de publicité mensongère.

Zach Cregger Says His 'Resident Evil' Movie Tells a 'Different Story'

C’est en 2018 que Trevor Henderson partage sa créature sur le net, qui rejoint le panthéon des personnages horrifiques étranges comme le Slender Man. On se dit que l’opportunité est de mise quand on voit les résultat au box-office de Backrooms, qui a pour l’instant rapporté 330 millions de dollars pour… 10 millions de budget!!! Mais là où le projet devient quand même intéressant, c’est qu’il va réunir 2 noms réputés dans le milieu de l’horreur pour rédiger le script de ce film: Zach Cregger, capable du meilleur (Barbare) comme du pire (Evanouis), mais surtout Brian Duffield, qui pour moi a mis en scène 2 excellents films totalement passés sous le radar : Spontaneous et Traquée. Alors qu’on attend son nouveau film, Englouti, pour le 14 octobre, il est également pressenti à la réalisation de ce futur Siren Head. Quand à Cregger, on espère que son Resident Evil sera plus proche de Barbare que d’Evanouis… Réponse le 16 septembre. On attend donc de voir ce que ces deux films ont dans le ventre avant de s’exciter sur Siren Head ^^

No One Will Save You Ending Explained: Brian Duffield on Hulu Movie
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Citizen Vigilante (Uwe Boll, 2026)

Citizen Vigilante (2026) - IMDb

Uwe Boll a souvent été capable du pire (House of the Dead, Alone in the Dark, BloodRayne, King Rising – Au Nom du Roi), mais il a parfois été plus inspiré comme avec Postal, Stoic, Rampage – Sniper en Liberté ou Assaut sur Wall Street. Il n’a jamais flirté avec le chef-d’oeuvre, mais je me rappelle que son Stoic m’avait à l’époque étonné par sa solidité et par son atmosphère oppressante. Bénéficiant du statut tant convoité de pire réalisateur du monde, je pense que ce titre est usurpé et pouvait s’appliquer surtout sur ses premières oeuvres. On est très loin d’un Fincher ou d’un Nolan, mais on a connu des Marveleries bien moins emballées ces 15 dernières années…

Elon Musk relaie le film “Citizen Vigilante” sur X : un navet ultra  raciste, qu'on a regardé pour vous

Le metteur en scène allemand fait ses films dans son coin avec ses propres sociétés de production (alors qu’il utilisait une faille du système de financement allemand lors de ses premiers films), et depuis le 1er Rampage, il s’est embarqué dans un cinéma plus politique, avec des oeuvres contemporaines et historiques. Uwe Boll, c’est le grain de sable dans la machine, celui qui va jouer le provocateur pour attirer des spectateurs supplémentaires, et il est notamment connu pour avoir organisé des combats de boxe contre des critiques de films ^^

Prime Video: Citoyen vigilant

Son Citizen Vigilante fait partie de cette tendance politique et sociétale, en mettant en scène un homme qui a décidé de se faire justice lui-même. En engageant Armie Hammer, il continue à utiliser la provoc, l’acteur déchu ayant été totalement blacklisté d’Hollywood en 2021 après des accusations de viols et de maltraitances physiques par des ex-compagnes. Il n’a finalement jamais été condamné, et les charges ont été abandonnées. Difficile de connaître la pure vérité sur ces affaires, mais l’acteur étant tombé en disgrâce, Uwe Boll l’a contacté pour lui redonner sa chance sur un plateau de tournage. Rien qu’avec cette embauche, Uwe Boll soigne sa comm provocatrice et sait que la présence de l’acteur fera parler de sa dernière oeuvre. Et encore, on a pas abordé le sujet de ce film…

Citizen Vigilante (2026) Movie Information & Trailers | KinoCheck

Avant cela, on va expliquer que le long métrage n’a pas eu d’autorisation de sortie sur le territoire allemand, la commission de classification ayant estimé que le film incitait à la violence envers les migrants. Le film est inspiré d’un sordide faits divers survenu en 2016 à Hambourg, et Citizen Vigilante s’apparente à la réponse fantasmée que le réalisateur apporte à ce drame. Celle d’un homme qui s’affranchirait de toutes les lois pour n’en appliquer qu’une seule, la loi du talion. Le viol collectif de cette jeune fille ayant été perpétré par des étrangers, il est normal qu’Uwe Boll les caractérise comme tel dans son film. Et c’est là qu’on atteint le point sensible qui va faire basculer le film dans la fachosphère pour certains, puisque Uwe Boll a osé donner le mauvais rôle à des étrangers. Mais si la réalité de cet atroce fait divers impliquait des étrangers, pourquoi en aurait-il fait des autochtones dans son film?

The Dark Knight de Uwe Boll devient Citizen Vigilante après une  ''discussion amicale avec Warner Bros.'' | COMICSBLOG.fr

Le film est rapidement catégorisé d’extrême-droite, et son interdiction le rend d’autant plus sulfureux. Le fameux effet Streisand se met très rapidement en marche, et Elon Musk contourne l’interdiction allemande en proposant à Uwe Boll de diffuser son film sur X pendant 48 heures. Résultat, tout le monde peut le voir et tout le monde en parle. Uwe Boll a encore réussi sa comm aggressive, provocatrice et putaclic. Et finalement, si on met de côté tous les scandales entourant Citizen Vigilante, et qu’on regardait ce film de manière froide et objective afin de voir ce qu’il dit réellement, au-delà des fantasmes de tous les partis politiques possibles?

Armie Hammer Returns as a Leading Man in 'Citizen Vigilante' Trailer |  Quiver

Le film se fait traiter d’oeuvre raciste et anti-migrants, et il y a effectivement des étrangers ou des individus d’origine extra-européenne qui ne sont pas épargnés par Sanders, le vigilante du titre. Mais certains autochtones ne sont pas non plus épargnés, ni certains flics ni un membre de la magistrature. En fait, Uwe Boll tape sur toutes les strates de la population et sur toutes les populations, en mettant en avant le dénominateur commun de tous ces personnages qui sont visés par Sanders : ce sont des raclures de la pire espèce, indépendamment de leur couleur de peau. Pour lui, il ne s’agit pas d’aller buter des étrangers, son but est de purifier le monde des pires criminels, ceux qui violent et massacrent des femmes, qu’il s’agisse de ceux ayant directement agi ou de ceux ayant permis ces agissements. Et c’est là où il ne faut pas faire d’amalgame, car quand il cible des étrangers, il cible ceux qui agissent de manière criminelle, et il ne parle pas de l’ensemble des étrangers.

Armie Hammer on His Acting Return in 'Citizen Vigilante' and 'Call Me by  Your Name' Memories

Quand on voit les jeunes cons du début du film, on a 3 ethnies différentes qui sont représentées, ce qui démontre la volonté du réalisateur de s’attaquer avant tout au problème de la criminalité plutôt qu’à une ethnie spécifique. Mais comme il est vrai que l’on n’a clairement pas l’habitude de voir représenté à l’écran des étrangers dans un mauvais rôle, la polémique prend direct, et cela sert encore une fois Uwe Boll qui se complaît dans cet aspect provocateur. Il attendait évidemment cette polémique, qui va donner d’autant plus de visibilité à son film, et qui va lui permettre de mettre en avant la thématique principale du film, qui rejoint celles de sa saga Rampage ou de Assaut sur Wall Street : quand le système ne répond pas aux besoins des citoyens, est-il temps de se faire justice soi-même?

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Sur la forme, on assiste à du Uwe Boll sans grand relief, avec de nombreuses séquences inutilement étirées et composées de plans aléatoirement montés ensemble. La scène de l’arrivée de la troupe d’élite est à ce titre très représentative des errements cinématographiques d’Uwe Boll, qui ne sait pas vraiment comment créer du suspense. La séquence suivante est probablement l’une des plus absurdes et ridicules que j’ai pu voir dans un film d’action, mais je ne vous spoilerais pas au cas où vous souhaitez voir ce film. Citizen Vigilante rappelle qu’Uwe Boll n’est certainement pas le meilleur metteur en scène, mais il va parfois avoir des séquences bien plus réussies qui vont créer un véritable malaise. On est dans du Uwe Boll pur jus, alternant entre réussites et faiblesses, et Citizen Vigilante est un patchwork étrange, mais dans lequel surnage toutefois un propos qui suffit à conserver un certain intérêt.

Trailer: Armie Hammer In "Citizen Vigilante" - Dark Horizons

Le film pose en effet la question de la justice autonome, qui a souvent été posée par des oeuvres comme Un Justicier dans la Ville, A Vif, L’Ange de la Vengeance, Death Sentence, Les Chiens de Paille, La Dernière Maison sur la Gauche (et son excellent remake), La Maison au Fond du Parc, Que la Bête Meure, Le Vieux Fusil, I Spit on Your Grave et bien d’autres. Un genre qui a émergé dans les années 70 et dont le sous-genre du rape & revenge s’avère très représentatif. On a des personnages qui suite à un tragique événement, vont se tourner vers la part la plus profonde d’eux-même pour puiser toute la noirceur dont ils sont capables, afin de se venger eux ou l’un de leurs proches. Citizen Vigilante s’inscrit dans cette même veine, avec certes un traitement cinématographique loin d’être abouti, mais Uwe Boll est juste là pour jeter le pavé dans la mare, et souligner les dysfonctionnements politiques et judiciaires qui ont conduit à de tels drames.

Controversial Director's Extremely Graphic, Banned Movie Is Secretly A  Straight-Faced Satire | GIANT FREAKIN ROBOT

Que l’on apprécie ou non le film, il a le mérite d’exister et de proposer une vision à total contre-courant de ce qui est politiquement accepté, et quoi qu’on puisse penser d’Armie Hammer, il s’avère intense dans ce rôle taiseux et sans concessions. Il va donner corps à cette sorte de Punisher croisé avec Patrick Bateman, et va aller bien au-delà du simple film de vengeance pour montrer la croisade d’un individu désaxé, qui ne s’en prend finalement pas qu’aux criminels mais aussi à des innocents. C’est là que la conscience du spectateur entre en jeu et est mise face à ses propres limites, car en filigrane, Uwe Boll interroge sur ce que l’on serait capable de faire si quelque chose de similaire arrivait à l’un de nos proches?

The Fascist Film That Plays As Prophecy

Citizen Vigilante va loin, certainement trop loin par moments, mais il a le mérite de mettre en avant les victimes plutôt que les bourreaux, et il donne quelque part la parole à ces anonymes qui ont été réduits au silence, en leur demandant quelle version de la justice ils aimeraient appliquer. Et en mettant en avant les failles d’un système trop laxiste, tout en traitant du sujet hautement explosif de l’immigration, Uwe Boll avance avec ses gros souliers en terrain miné, mais il le fait en toute conscience et cela change radicalement de la prudence habituelle. Par exemple, dire que le terrorisme islamiste tue, ça n’est pas mettre tous les étrangers dans le même panier, mais ça énonce une vérité qu’il ne faut pas occulter. dans un monde où les raisonnements binaires l’emportent sur les analyses plus complexes, c’est sûr que ce n’est pas le style Uwe Boll qui mettra tout le monde d’accord. Mais il vient rappeler que la protection des victimes n’a pas à être de gauche ou de droite, et qu’elle devrait être universelle. On a vu ce que le politiquement correct a donné en Angleterre avec les grooming gangs qui ont pu sévir pendant des décennies… Avec une toute autre approche, l’excellent Je Verrais Toujours vos Visages, que je vous conseille vraiment, confrontait des criminels et des victimes dans un film très intimiste et bien plus maîtrisé au niveau de son écriture. Citizen Vigilante se pose en contre-point total avec cette approche centrée sur l’écoute…

Armie Hammer Thriller 'Citizen Vigilante' Closes First Sales (AFM Exclusive)

Citizen Vigilante vient bousculer les consciences avec son approche bas du front et très directe, et c’est clair qu’il ne s’agit pas d’un grand film. Mais le choix d’Uwe Boll est avant tout de pulvériser le politiquement correct et de soulever des questions qui méritent d’être posées, dans un monde où l’impunité règne en maître dans les affaires les plus sordides. L’exemple du drame qu’a vécu Louis est un énième « fait divers » démontrant à quel point certains criminels ont totalement perdu la moindre once d’humanité… Tout le monde devrait unanimement condamner toutes les exactions perpétrées par de tels criminels, et la couleur de peau ou les origines de ceux qui commettent ces méfaits ne devraient avoir aucune importance dans la manière de juger ces affaires.

Citizen Vigilante: I watched Armie Hammer's hateful new movie. I'm  disturbed by what I saw.
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