Chocolate (Prachya Pinkaew, 2008)

Chocolate - Film 2008 - AlloCiné

Après avoir révélé l’impressionnant Tony Jaa avec Ong-Bak et L’Honneur du DragonPrachya Pinkaew s’est doté pour son troisième long métrage d’une athlète étonnante qui mérite largement d’être découverte. Agée de 24 ans lors du tournage du film (en 2008), JeeJa Yanin est une experte en taekwondo qui explose littéralement dans ce film thaïlandais violent et captivant.

Chocolate - Film (2008) - SensCritique

Comme souvent dans les productions asiatiques, l’histoire de départ pêche par sa naïveté et sa légèreté. On se rappelle de la tête de statue que devait retrouver Tony Jaa dans Ong-Bak, ou encore de son éléphant capturé dans L’Honneur du Dragon. Mais si la trame scénaristique peut prêter à sourire, il faut reconnaître qu’elle n’est là que pour servir de base à un enchaînement de séquences de combats déments et de chorégraphies spectaculaires. Les scénaristes Napalee (déjà présent sur L’Honneur du Dragon) et Chukiat Sakveerakul (réalisateur d’un 13 beloved s’annonçant très prometteur) écrivent donc l’histoire d’une jeune autiste se passionnant pour les arts martiaux, et qui va tenter de récolter de l’argent pour payer les soins médicaux de sa mère. La jeune Zen possède des réflexes photographiques lui permettant de mémoriser et de maîtriser les mouvements qu’elle voit. Et comme elle se gave de films d’arts martiaux, vous imaginez la suite… Une sorte de version féminine du Taskmaster de Marvel donc, et un point de départ qui va s’avérer bien jouissif pour le reste du film…

Chocolate (2008) | MUBI

Le réalisateur va jouer avec le mimétisme du personnage, qui parvient à s’adapter à ses adversaires de manière remarquable. Le combat (trop court) contre un combattant bourré de tics est à ce titre vraiment étonnant, et offre une approche originale à base d’arts martiaux et de danse hip-hop. Un passage vraiment intéressant, bénéficiant du savoir-faire de Panna Rittikrai en matière de chorégraphie, et dont on a déjà pu apprécier le travail dans les précédents opus de Prachya Pinkaew. L’autisme crée un rapport très particulier entre Zen et les arts martiaux, puisqu’elle les maîtrise instinctivement. Le jeu de la balle auquel la fait participer son jeune ami est caractéristique de l’approche ludique de Pinkaew, qui fait de Zen un personnage distant et pourtant attachant. La fragilité trompeuse de JeeJa Yanin accentue encore l’aura tragique de ce personnage, et tout est en place pour un film dévastateur.

Chocolate | Rotten Tomatoes

La première scène de combat dans l’usine de glace évoque invariablement le Big Boss de Lo Wei, où Bruce Lee travaillait dans une usine similaire avant de se rebeller contre le méchant patron… Une scène en forme d’hommage musclé, mais qui se veut aussi prometteuse pour la suite de la carrière de JeeJa Yanin, puisque Big Boss est le film qui a révélé le petit Dragon… Et JeeJa fait honneur à son illustre prédécesseur en appliquant des chorégraphies ahurissantes que Pinkaew respecte grâce à une mise en scène rythmée et évitant un montage cut. JeeJa se donne à fond dans des scènes d’action virevoltantes et variées. La scène de combat sur la façade d’immeuble est déjà un classique, et le réalisme de sa violence n’a d’égal que les risques encourus par les acteurs (il faut voir le générique de fin pour comprendre l’investissement total de ces athlètes… ).

Chocolate | Movies | The Guardian


Prachya Pinkaew place ses séquences de combat dans des lieux aussi divers qu’un atelier de boucherie qui va donner lieu à quelques plans bien violents ou une grande salle-dojo à la Kill Bill, où Zen n’a rien à envier à Uma Thurman… Chocolate est un régal bien jouissif, s’affranchissant rapidement d’un point de départ basique pour offrir des scènes tout simplement inédites et fracassantes. JeeJa Yanin, un nom à retenir…

Chocolate – The Asian Cinema Critic


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Ip Man 2 (Wilson Yip, 2010)

Ip Man 2 - Film 2010 - AlloCiné
Ip Man 2 : Le Retour du grand maître - Film (2011) - SensCritique

Après le succès d’IpMan,Wilson Yip et Donnie Yen rempilent pour une suite qui voit le fameux maître essayer de monter son école de Wing Chun, se confrontant aux maîtres locaux et aux rivalités occidentales. Ip Man premier du nom avait créé la surprise, avec un Donnie Yen au sommet de son art et une mise en scène magnifique de Wilson Yip. Cette suite se veut une continuité tant dans la forme que dans l’esprit, et l’on se retrouve donc en terrain connu avec des personnages récurrents et des situations similaires.

Ip Man 2, le retour du grand maître en VOD à l'achat ou en location |  CANALVOD

Mais la magie qui opérait dans le premier film est malheureusement absente d’Ip Man 2, qui masque ses faiblesses scénaristiques sous l’apparat que parvient à nous concocter Wilson Yip. La mise en scène est belle, même si elle n’atteint pas les sommets dramatiques du premier volet. Mais surtout, la réappropriation de l’Histoire et le manichéisme déjà présent dans Ip Man atteignent ici des degrés vertigineux. La lutte entre Hong-Kong et les Britanniques atteint son point culminant dans un match opposant les arts martiaux à la boxe, sombrant dans le ridicule… Le boxeur anglais, surnommée la Tornade, est une caricature ultime, tout comme ses managers et la police britannique… Dès lors, la droiture et l’honneur des Chinois ne sont plus aussi valeureux face à ces adversaires ridicules. Le personnage même d’IpMan, pourtant interprété avec la même prestance par Donnie Yen, perd de sa superbe, et se banalise jusqu’à devenir une simple figure du Bien, elle aussi caricaturale…

A better film than the title perhaps suggests movie review review:

Ip Man 2 possède pourtant quelques passages intéressants, notamment les premiers combats que livre Ip pour recruter des élèves, dans lesquels Yen met tout son savoir-faire et rend honneur aux chorégraphies de Sammo Hung (qui en profite pour s’octroyer au passage le rôle d’un des maîtres). Wilson Yip filme avec vivacité et fluidité ce Wing Chun, qui va devoir se faire sa place parmi les autres arts martiaux locaux… Et c’est lors du combat contre les autres maîtres que l’on sent la pente descendante, puisque le réalisme est tout simplement laissé de côté pour préférer une action disgracieuse et des scènes avec câbles… Tout l’impact du premier Ip Man anéanti en une scène, et malheureusement, la suite ne parviendra pas à rehausser le niveau, malgré quelques passages sympathiques…

Film] Ip Man 2, de Wilson Yip (2010) - Dark Side Reviews


Ip Man 2 respecte donc le schéma que proposait le premier film, mais s’inscrit comme une suite très amoindrie, la beauté et la richesse du premier n’étant ici que des promesses non abouties…

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Ip Man (Wilson Yip, 2008)

Ip Man - Film (2008)

Retour sur ce film dont j’avais fait la critique à l’époque de Talking Wade 1ère version ^^

Wilson Yip fait partie de la vague actuelle des cinéastes hong-kongais orientés vers l’action, et on lui doit des films comme Dragon Tiger Gate, SPL ou Flashpoint. Il ne se sépare plus de son acteur fétiche Donnie Yen, qui endosse ici la défroque de Ip Man, illustre maître adepte de la boxe wing shun. Le film se présente comme un biopic totalement inscrit dans la sombre Histoire que traverse la Chine dans les années 30 et 40. Mais si l’aspect biographique pouvait rebuter en faisant craindre un traitement trop lent, Wilson Yip livre en fait un métrage captivant aux antipodes des fresques historiques habituelles.

Film] Ip Man, de Wilson Yip (2008) - Dark Side Reviews

Il faut dire que la véracité biographique est loin d’être respectée, le scénario partant d’un personnage réel pour le glorifier en héros en prenant des libertés assez incroyables : la lutte d’Ip Man contre les envahisseurs japonais, qui est tout de même le centre du film, a été totalement inventée et ne correspond aucunement à une réalité historique ! Les biopics ont souvent tendance à enjoliver le trait, mais l’histoire racontée est ici carrément différente de la vie du maître !

Ip Man (2008) - IMDb

Si l’on passe cet énorme « détail » et que l’on prend le film pour son aspect cinématographique, Wilson Yip nous convie alors à un spectacle de haute volée dans lequel l’art martial est magnifié par la virtuosité de sa caméra. Yip pose des cadrages de toute beauté qui permettent d’apprécier dans le moindre détail la rigueur et la précision du geste, dans une successions de plans qui n’a rien de gratuit. On est loin des bandes surdécoupées ou des films poseurs masquant leur vacuité par une fausse vitesse ou un écrin creux. Yip se concentre sur son sujet et le filme avec respect, ce qui est perceptible dès les premières images où l’on voit le fameux mannequin de bois si caractéristique des arts martiaux. Ip Man est totalement imprégné du respect de la culture martiale et véhicule une image noble de cet art, et n’oublie pas sous ce vernis historique une efficacité très palpable.

Ip Man (2008) - Kung-fu Kingdom

Nous sommes loin des films de Hong-Kong ennuyeux comme il en fleurissait beaucoup dans les années 80, et Wilson Yip parvient à rendre son sujet intéressant en y intégrant une bonne dose d’action et des notes d’humour surprenantes. Les combats démarrent par la touche amicale, et évoluent au fur et à mesure vers une violence exacerbée. Cette gradation va de pair avec l’évolution historique du pays, qui se retrouve sou le joug de l’armée japonaise. Maître Ip Man, qui partage des valeurs plutôt pacifistes, va devoir user de ses connaissances en y ajoutant de la rage, et le résultat à l’écran se traduit de manière radicale avec un Donnie Yen en superbe forme. Les combats dirigés par Kuang Hsiung et Sammo Hung sont d’une très grande précision et sont encore élevés dramatiquement par la mise en scène de Wilson Yip. Le combat de Ip Man contre 10 hommes par exemple est graphiquement magnifique, et la rage qui traverse cette scène est très bien rendue par la caméra de Yip et par la présence de Yen.

Watch Ip Man | Netflix

Autre fait remarquable du film, la qualité de la reconstitution de la Chine des années 30 et 40, qui est excellente. Le travail du directeur artistique Kenneth Mak est exemplaire et d’une grande précision jusque dans les moindres détails, qu’il s’agisse des décors de la ville, des objets ou des vêtements. Le gros reproche que l’on peut faire à Ip Man est la totale irrévérence par rapport à la réalité de la vie du maître ; par contre, il s’agit d’une œuvre cinématographique remarquable qui tient une place de choix dans la tradition des films d’arts martiaux.

Ip Man (2008) by Wilson Yip (REVIEW) — Steemit
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Talking Wade épisode 1 : Kane Pixels

Allez, on se lance dans un nouveau projet avec ASH Production! Dites-moi ce que vous en pensez!

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News : Chuck Norris

Mort de Chuck Norris : le clap de fin d'une icône façonnée par le cinéma et  Internet

On est nombreux à avoir grandi avec les figures mythiques de l’actioner 80’s et 90’s que sont Arnold, Sylvester, Bruce, Jean-Claude ou Chuck. Aujourd’hui, c’est un morceau de mon enfance qui s’en est allé avec le décès de Chuck Norris survenu hier à l’âge de 86 ans. Cet artiste martial complet avait émergé en plein essor du cinéma d’action testostéroné de la fin des années 70 – début des années 80, et sa maîtrise du judo et du jiu-jitsu lui avait ouvert les voies de l’industrie hollywoodienne.

Chuck Norris : l'acteur de 86 ans hospitalisé à Hawaï après avoir été  victime d'un malaise

C’est grâce à son ami Bruce Lee qu’il tourne cette séquence légendaire du Colisée dans La Fureur du Dragon (1972), et avec des succès comme Le Commando des Tigres Noirs (1978), Force One (1979) ou encore La Fureur du Juste (1980), il commence à acquérir une certaine renommée dans le créneau du film de combat. Ce sont clairement ses productions avec la Cannon qui vont le faire émerger, avec des classiques de mon adolescence comme Portés Disparus (1984), Invasion USA (1985), Le Temple d’Or (1986), mais en-dehors de ce studio il tourne aussi Sale Temps pour un Flic (1985). On se souviendra aussi de l’une de ses ultimes apparitions dans l’excellent Expendables 2 : Unité Spéciale, avec son caméo mythique et sa punchline ultime ^^

États-Unis: Chuck Norris victime d'un malaise à Hawaï - lematin.ch

Il restera également connu pour la participation à la série Walker, Texas Ranger, qui aura duré le temps de 9 saisons de 1993 à 2001, avec un téléfilm en 2005 pour clôturer la saga. Chuck Norris n’aura certes pas été le genre d’acteur à chercher à gagner sa statuette, mais il représente une certaine nostalgie d’un cinéma qui respectait le genre marginal de l’action et qui lui a permis d’acquérir une certaine notoriété. Et pour clôturer cet article, je ne peux pas m’empêcher de vous mettre l’excellente parodie de Mozinor!

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