Dans le paysage du metalcore, on a un groupe madrilène qui commence à se distinguer grâce à une énergie et une efficacité impressionnantes! Rainbow Sheeps nous a récemment lâché un Absolutions qui démontre de vraies qualités techniques et qui impose le sérieux de leur démarche artistique. Le clip signé Carlos F. Bolaños transmet de manière implacable toute la rage de ce groupe espagnol, et je vous invite à découvrir ce morceau enragé et à aller les suivre sur leurs réseaux!
Alors que l’on attend impatiemment sa sortie le 17 juin, le film Backrooms est sur les écrans depuis 3 jours aux Etats-Unis, et il a littéralement fracassé le box-office! Avec un score de 81,4 millions de dollars rapportés pour son premier week-end, il réalise le meilleur démarrage pour une oeuvre du studio A24, et ce chiffre est d’autant plus impressionnant que le film n’est ni une suite, ni un remake ni un prequel, mais qu’il est une oeuvre originale sur le grand écran. On pourra certainement arguer que le succès de cette oeuvre provient pour beaucoup du succès incroyable qu’avait déjà connu Kane Parsons (alias Kane Pixels) sur YouTube, avec sa série de vidéos dédiées à l’univers des Backrooms. (lien vers ma vidéo consacrée à Kane Pixels). Et au niveau mondial, le film réalise une ouverture à 118 millions de dollars!!! Avec un budget qui avoisine les… 10 millions de dollars!!! Soit une rentabilité de 1180%!!! (source JP Box-Office)
Kane Parsons en profite pour enchaîner les records, puisqu’il s’agit du meilleur démarrage pour un premier film original, et comme il est âgé de seulement 20 ans, il devient le plus jeune metteur en scène à hisser un film à la 1ère place du box-office US!!!
Backrooms a écopé d’un classement R-rated (l’équivalent du – 16 ans chez nous), et il obtient le record de démarrage pour un film avec un tel classement sur cette année, intégrant immédiatement le Top 15 des meilleurs démarrages pour des films classés R. Et il obtient également le statut du meilleur démarrage de tous les temps pour un film horrifique original, donc hors franchise (à titre de comparaison, Le Projet Blair Witch avait démarré aux USA avec 29 millions de dollars)!!!
Une pluie de records qui augurent d’une excellente longévité, et qui démontrent que les spectateurs reviennent en salle si on leur propose des oeuvres à fort pouvoir attractif!!! J’ai vraiment hâte de le découvrir!!!
Après nous avoir abreuvé d’un Spider-Verse cinématographique majoritairement empli d’oeuvres irregardables, voici que Sony se lance également à l’assaut de la télévision, avec sa toute première série dans l’univers de Spidey. Et cette fois-ci, contrairement à la saga au cinéma, il y a vraiment un Spider-Man dedans!
La Terre-90214 est appelée l’univers Marvel Noir, et a été un terrain de jeu très prolifique pour les scénaristes et les dessinateurs Marvel, qui ont eu l’opportunité de créer des versions alternatives des super-héros connus de l’univers principal, la Terre-616. Spider-Man, les X-Men, Daredevil, Wolverine, Luke Cage, le Punisher, Weapon X, Iron Man… L’ensemble de ces héros ont eu droit à leur version Marvel Noir, c’est-à-dire située dans un univers parallèle reprenant les codes des films noirs, puisque prenant place dans les années 30 durant la Grande Dépression. Je n’ai pour l’instant eu l’occasion que de lire les premières aventures du Spider-Man Noir, écrites par David Hine et Fabrice Sapolsky, et dessinées par Carmine Di Giandomenico. Le résultat est une aventure qui apporte un vrai renouveau et un très bon souffle historique, avec une très belle aisance pour nous faire naviguer dans les rues sombres d’une Grosse Pomme alors en pleine Prohibition.
Le choix d’adapter ce comics situé dans une époque rétro s’avérait très intriguant, et l’ajout de Nicolas Cage au projet avait de quoi étonner également. Lui qui n’est pas étranger aux héros Marvel, puisqu’il a endossé le rôle de Ghost Rider à 2 reprises, dans Ghost Rider en 2007, et Ghost Rider: l’Esprit de Vengeanceen 2011. Le créateur de la série est Oren Uziel, lui qui est à l’origine du scénario de l’excellent court métrage Mortal Kombat: Rebirth de Kevin Tancharoen en 2010 (Tancharoen qui tâtera du MCU de son côté avec Marvel: les Agents du S.H.I.E.L.D.). Uziel rédigera également les scripts de 22 Jump Street,The Cloverfield Paradox et le Mortal Kombat de Simon McQuoid histoire de boucler la boucle. Et on a un second showrunner en la personne de Steve Lightfoot, qui occupait un poste similaire sur Hannibal et The Punisher. Et comme Phil Lord et Chris Miller connaissent bien le Spider-Man Noir pour l’avoir incorporé dans Spider-Man: New Generation et Spider-Man: Across the Spider-Verse, ils s’occupent donc également de la production aux côtés de la fameuse Amy Pascal. Et pour la petite histoire, la version du Spider-Man Noir des films d’animation est doublée par… Nicolas Cage!
On a donc une équipe qui sait de quoi elle parle (même si Pascal est souvent pointée du doigt comme la principale responsable de la calamité cinématographique de l’univers Sony), et il y avait donc un potentiel attractif à cette nouvelle série. La douche a donc été d’autant plus froide au vu des débuts désastreux, qui mettaient en avant un Nicolas Cage limite apathique, une intrigue qui ne décollait pas, une mise en scène statique et un univers qui sentait juste le studio à plein nez… Si ça n’avait pas été une série Marvel, j’aurai arrêté à la fin du premier épisode. Je me suis donc farci l’ensemble des 8 épisodes de cette première saison, avec les 3 premiers qui ont été véritablement laborieux, avec un Robbie Robertson en pimp 70’s anachronique, un Silvermane sans aucun relief et zéro tension dans le récit… Et sans prévenir, tout bascule avec le 4ème épisode sans que l’on comprenne vraiment pourquoi! Mais d’un coup, on ressent que le travail d’écriture parvient enfin à structurer quelque chose de concret, les personnages se creusent davantage, les acteurs commencent à être vraiment impliqués… Et Spider-Noir offre enfin une vraie originalité et une approche innovante!
Les 5 épisodes restants s’avèrent donc très qualitatifs, avec une intrigue rappelant celle du sérum du Super-Soldat cher à Steve Rogers, mais qui est traitée avec un réel intérêt pour les personnages impliqués. Nicolas Cage commence à se réveiller et à nous offrir une prestation très personnelle, offrant à Ben Reilly une gestuelle rappelant les grandes heures de l’acteur 😉 Mais le pire, c’est que cela s’intègre parfaitement avec le personnage même de l’Araignée. Car oui, on ne l’appellera jamais Spider-Man pour des questions de droit, mais simplement l’Araignée, ce qui permet de renvoyer à l’époque bénie des publications Lug en France! Autant les débuts étaient catastrophiques, autant Cage entre peu à peu dans la peau du perso et lui offre une vraie texture, tout en s’intégrant dans l’univers codifié du film noir.
Lamorne Morris, qui joue Robbie Robertson, a notamment joué dans la série Fargo, et il parvient au fur et à mesure à donner une certaine classe et une belle subtilité à son personnage; Li Jun Li incarne Cat Hardy, une chanteuse de cabaret qui n’est pas sans rappeler une certaine Felicia Hardy, et si elle ne semblait constituer qu’un archétype vide de la femme fatale au début, elle parvient à étoffer son personnage et à être la source de belles émotions; Karen Rodriguez joue Janet, l’assistante du détective privé Ben Reilly, et elle apporte dès le début une belle fraîcheur et des notes d’humour bienvenues, tout en étant un pilier pour Ben; on a droit à un certain Flint Marko incarné avec classe par Jack Huston, malgré des effets visuels parfois aléatoires malheureusement, surtout au début… Brendan Gleeson incarne un Silvermane qui d’anecdotique parvient à incarner une certaine puissance, et qui est souvent la source de dialogues plutôt tendus et très bien écrits; et une mention spéciale à Andrew Lewis Caldwell, qui incarne une version très libre d’un célèbre ennemi de Spider-Man, et qui lui apporte une très belle densité, tant dans son jeu physique que dans son aspect plus théâtral!
Au fur et à mesure des épisodes, on sent qu’une latmosphère spécifique s’installe, et on commence à prendre plaisir à sillonner cette New York des années 30 avec ses voitures particulières, ses costumes d’époque et ses décors désuets et riches. Le costume en cuir de l’Araignée est à ce titre très bien réalisé. Un parfum de nostalgie sincère commence à émaner de cette série, ce qui n’est pas sans rappeler le charme des 2 saisons d’Agent Carter dans le MCU. Et laisser les 2 épisodes de fin à la charge du metteur en scène Greg Yaitanes est un excellent choix, lui qui est un vétéran chevronné de la télévision, avec notamment 68 épisodes de Dr House et surtout 27 épisodes de la magnifique série Banshee. Sa façon de jouer avec les effets de profondeur de champ, ses jeux de miroir, sa lucidité instinctive permettent de très bien ficeler ses épisodes, et même avant lui, on a quelques idées de mise en scène qui permettent de vraiment donner envie de suivre ces épisodes. Si on a la patience de passer les 3 premiers ^^
Spider-Noir est au final une très belle surprise, certes poussive au début, mais qui a su trouver son rythme pour nous offrir une délicieuse plongée dans les années 30, en explorant l’univers arachnéen avec beaucoup d’esprit et de goût. D’ailleurs les origines du personnage sont bien remaniées par rapport au comics et s’avèrent très intéressantes, permettant à Nicolas Cage de se faire bien plaisir dans son jeu très particulier! ^^ Et si les combats sont rares, ils s’avèrent très qualitatifs, en respectant bien le côté old school des comics avec le public qui cerne les combattants dans la rue ^^
Le quatuor Ice Sealed Eyes déverse son newcore depuis maintenant 6 ans, et après avoir produit leur premier EP, Solitude, en 2022, ils ont enchaînés avec 3 autres EP fonctionnant en parallèle (Torments, Fragments, Laments), qui constituait la matrice de leur premier album sorti en 2024, Altar.
Avec son identité immédiatement distinctive et sa très forte capacité d’attraction, Ice Sealed Eyes s’est imposé sur la scène belge, et s’est largement diffusé à travers le monde via les réseaux. Ils ont donc eu rapidement l’occasion de diffuser leur son en live à travers l’Europe, multipliant les tournées à l’échelle du continent depuis maintenant 2 ans.
Leur dernier single, The Weight of Loss, est sorti hier, et démontre leur capacité à créer des sonorités hypnotisantes et immersives, en gérant des ruptures de manière très travaillée. La puissance des riffs oscille avec des mélodies envoûtantes, et il faut évidemment souligner le travail impressionnant de Noé Peigneur au chant, lui qui est capable de passer d’une voix saturée à une tonalité aigue avec une simplicité désarmante! Et le texte en mode très intimiste possède également une belle force.
Je vous invite à découvrir ce nouveau morceau qui s’impose instantanément comme emblématique, et n’hésitez pas à les suivre sur leurs réseaux sociaux, histoire de pouvoir les découvrir en live, vous ne regretterez pas l’expérience! 😉
Mark Millar est sans conteste l’un des scénaristes lesplus talentueux de la Maison des Idées, et je me demande encore comment j’ai pu passer à côté de ce Old Man Logan depuis si longtemps. Le scénariste britannique est derrière les excellents Kick-Ass et Wanted, derrière Superman : Red Son que je n’ai pas lu, et du côté de chez Marvel, c’est notamment l’artisan des géniaux Ultimates et Civil War.Je suis bien content d’avoir réparé mon erreur et d’être enfin plongé dans cette aventure dystopique se déroulant dans un futur alternatif 50 ans après l’ère super-héroïque.
On retrouve un Logan vivant modestement dans une ferme avec sa famille, et on comprend rapidement que les super-vilains ont gagné et règnent en maîtres. Logan vit sur le territoire tenu par les descendants de Bruce Banner, qui sont une horde de brutes épaisses semblant tout droit échappés de La Colline a des Yeux. Et pour une raison que l’on ne comprend pas, Logan s’est interdit depuis des décennies d’utiliser ses griffes et de répondre à la violence par la violence. On se retrouve dans une esthétique très western crépusculaire, avec des références assumées à Clint Eastwood, et le travail pictural du Canadien Steve McNiven s’accorde parfaitement avec le récit de Millar. Il faut dire que les 2 hommes se connaissent bien, eux qui ont mis tout le monde d’accord avec Civil War en 2006-2007. On sent également un aspect Preacher dans l’approche du sujet d’Old Man Logan, tant au niveau scénaristique que dans certains choix graphiques, et c’est d’autant plus pertinent que les 2 oeuvres partagent un attrait tout particulier pour la mise en image de la violence.
C’est un Hawkeye vieillissant qui embarque Logan dans un voyage à travers les anciens Etats-Unis, pays désormais morcelé en divers territoires tenus par des méchants emblématiques. Ils vont sillonner le pays à travers la Spider-Mobile, vous savez, ce fameux buggy créé en mars 1974 par Gerry Conway et Ross Andru, et dont l’objectif était purement marketing afin de vendre des jouets aux gosses de l’époque ^^ Ici, ce véhicule va réellement servir les objectifs du duo grâce à ses capacités spécifiques, et le côté anachronique s’avère très sympa. Millar fait preuve d’une connaissance parfaite de l’univers Marvel, et va parsemer son récit de références subtiles et de très belles idées développant une continuité riche dans ce futur alternatif. On va apprendre ce que sont devenus certains personnages, on va rencontrer la descendance d’autres persos, et Millar et McNiven vont nous convoquer à des moments bien choquants comme cette brève rencontre avec Daredevil et le Punisher. L’auteur use d’un talent d’écriture résolument mature et cette lecture n’est clairement pas faite pour les enfants… J’ai récemment lu le très bon Marvel Universe Vs Punisher, et quand je vois le sort atroce qui était réservé à Tony Stark, je me rend que je suis dans un trip très dystopie cauchemardesque en ce moment!
Le récit fourmille d’idées juste dingues, la plus démente étant sans conteste la raison pour laquelle Logan ne sort plus ses griffes. Il fallait y penser à cette façon de traumatiser Wolverine, et la puissance dramatique de ce moment va de pair avec l’atmosphère de tristesse absolue qui émane de ce comics. Mark Millar, ce n’est pas seulement un auteur qui va orchestrer des combats de supers, mais un homme qui va faire appel aux instincts les plus profonds de ses protagonistes, et en ce sens, son Old Man Logan est d’une puissance absolue. Ca n’est pas pour rien que ce « nouveau » personnage s’est directement imposé, jusqu’à rejoindre l’univers principal par la suite. On a tellement d’images marquantes qui traversent ce récit, et qui ne sont parfois que des étapes sur la route des 2 baroudeurs, comme les fameuses chutes de Pym… Millar crée une mythologie spécifique à cet univers, qui ne demande qu’à être explorée davantage tant sa richesse est indéniable.
Je ne peux que vous conseiller la lecture de cette oeuvre très ambitieuse et crépusculaire, qui est l’une des plus belles découvertes que j’ai pu faire chez Marvel Comics.